Slow entrepreneuriat: une alternative de reconversion après un burn out?

Après ton burn out, ton processus de reconversion enclenché, tu esquisses ta future voie professionnelle et tu te poses les bonnes questions. L’option de l’entrepreneuriat pour créer un métier qui a du sens hors des sentiers classiques du salariat t’attire. Mais voilà, ces parcours d’auto entrepreneurs qui se sont brûlé les ailes coupent ton élan. T’épuiser pour un job, tu ne veux plus jamais revivre ça. J’ai une nouvelle rassurante : ne range pas trop vite ton désir d’entreprendre au placard… car une alternative existe, le slow entrepreneuriat comme reconversion après un burn out.

Après un burn out, lors de leur processus de reconversion, bon nombre de burnouté(e)s expriment leur envie de sortir des sentiers battus du salariat. Dégoûté(e)s du monde des entreprises et de leur organisation dysfonctionnelle, ils aspirent à une nouvelle vie professionnelle alliant liberté, sens et contribution au monde. L’entrepreneuriat leur apparait alors comme la voie à une vie pro idéale. Je le sais, car j’observe cette tendance chez les personnes que j’accompagne et je le sais, car c’est le chemin que j’ai moi-même emprunté.

Après mon burn out, j’ai choisi une reconversion dans le slow entrepreneuriat!

Aujourd’hui, grâce à l’entrepreneuriat, je me lève et déjeune tranquillement, je ne perds plus de temps dans les transports, je coupe ma journée si l’envie de me balader et de me changer les idées me prend. Et plus que tout, j’exerce un métier dans lequel je n’ai pas l’impression de bosser.

Exit donc les journées de 10 à 12 heures de travail et tous ces mails que je traitais chez moi le soir ou le week-end. Fini de supporter Jean-Michel, ce collègue exécrable. Exit de vapoter dans les toilettes, car l’espace fumeur était trop loin de mon bureau (oui, je sais c’est pas bien ! 🙂)

Avec Envol & moi, j’ai créé une entreprise qui se cale à mon rythme de vie, avec l’organisation idéale pour moi. En toute transparence, voici comment j’agence ma semaine : je dédie 3 jours à des rendez-vous clients, avec un maximum de 3 à 4 coaché(e)s par jour. Les deux journées restantes, je les dédie à mon entreprise, à mes projets ou simplement à moi, selon mon énergie. Avec ce rythme, j’obtiens un chiffre d’affaires qui me permet d’en vivre et je continue à le développer chaque année. Si tu souhaites en savoir davantage sur ma vie d’entrepreneure, j’ai écrit un billet très personnel « Entrepreneur après un burn out : pour le plaisir d’être soi-même ».

Pourtant, si je ne prends garde, si je laisse mon perfectionnisme me happer, si je ne balise pas le temps dédié à mon activité, si je m’oublie, le risque que je m’effondre — entrainant par la même occasion l’effondrement de ce que j’ai construit avec passion — est bien réel ! Derrière ces idées de « je suis mon propre patron, je fais ce que je veux quand je veux, à moi la liberté totale », l’entrepreneuriat est une aventure exigeante. Elle cache même un côté sombre : elle constitue un terrain fertile aux burn out et épuisements de toute sorte.

Me voilà donc prévenue ! Je n’ai pas construit mon projet pour retomber dans mes travers d’employée et me cramer à nouveau. Oui, je suis une entrepreneure, mais je me préserve, car je suis le moteur de mon entreprise. Le portrait de l’entrepreneure qui travaille presque non – stop, qui s’interdit des vacances et culpabilise pour le moindre jour off, très peu pour moi ! J’entreprends, mais pas n’importe comment : je suis une reconvertie dans le slow entrepreneuriat !

J’ai créé une entreprise qui est à mon service et non l’inverse !

J’anticipe déjà tes questions et remarques dubitatives : « Oui, mais Catherine, tu es bien mignonne, quand tu débutes dans l’entrepreneuriat, tu portes plusieurs casquettes, tu es sur tous les fronts. Tu ressembles à la déesse Shiva, à jongler entre le marketing, la communication, le service après-vente, la comptabilité et ton core business. Sans compter cette pression sur tes épaules pour créer rapidement une entreprise rentable, car il faut bien manger. Et toi, tu voudrais me faire croire au côté strass et paillettes de l’entrepreneuriat ! Et puis, tu places dans le même terme deux mots aussi éloignés que le sont le pôle Nord et le Sud : slow et entrepreneuriat ! »

Loin de moi l’idée d’édulcorer l’entrepreneuriat et de te vendre du rêve, sache que devenir un(e) entrepreneur(e) heureux (se) et épanoui(e) est possible. Très cher(e) ex-burnouté(e), une alternative de reconversion existe si tu souhaites créer ton propre job : celui du slow entrepreneuriat. Et j’irai même plus loin, slow et entrepreneuriat ne sont pas des termes antinomiques à ce qu’on voudrait bien nous faire croire.

Le slow entrepreneuriat : qu’est-ce donc ?

Tout d’abord, contrairement aux idées reçues, slow ne signifie pas, dans ce cas-ci, travailler lentement ou se comporter comme une cigale. Le slow entrepreneuriat c’est :

  • Travailler moins, mais mieux
  • Apprendre à s’octroyer des moments pour ralentir…
  • … pour être plus actifs à d’autres
  • Travailler en respectant son propre (bio) rythme
  • Accepter que monter une entreprise s’apparente à un marathon et non à un sprint

Pour la petite histoire, le slow entrepreneuriat découle de la mouvance slow initiée par Carlo Petrini dans les années 80. La motivation de ce chroniqueur gastronomique était de lutter contre le fast food en défendant la biodiversité, en privilégiant les aliments de qualité et en favorisant les producteurs et produits locaux. Depuis, cette philosophie slow s’est étendue à d’autres domaines : on entend parler de plus en plus désormais de slow cosmétique, slow fashion, slow life et même slow sex. L’idée centrale étant toujours la même : ralentir pour mieux vivre, travailler, consommer, etc. Pour rappel : ralentir ne s’apparente pas à devenir plus lent, mais faire les choses avec plus de conscience et adopter des comportements plus « durables ».

Quelles sont les attitudes à adopter pour une reconversion dans le slow entrepreneuriat et éviter ainsi un burn out ?

Je te propose ici quelques pistes, bien évidemment cette liste est non exhaustive.

1. Avoir compris ton burn out et travailler sur tes peurs et sur TOI

Selon moi, travailler sur soi et comprendre son burn out en tant que salarié(e) avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale est impératif ! Pourquoi ? Et bien parce que ce burn out détient un message qu’il est indispensable de décoder si tu ne veux pas te prendre les pieds dans le tapis et ramener tes problèmes à la maison !

Par travailler sur toi, j’entends identifier tes conditionnements, tes peurs à l’origine de certaines de tes réactions en tant que salarié(e) et qui pourraient bien ressurgir quand tu seras ton propre patron. C’est identifier tes « lanceurs d’alerte du stress » pour être capable d’ajuster ton rythme selon ton énergie. C’est oser être soi, sans peur du jugement des autres ou de la critique pour déployer une communication authentique et percutante.

Devenir entrepreneur(e) et se préserver en tant que tel, c’est avant tout savoir gérer son « mindset » (ses peurs, ses émotions, etc.). Crois-moi, c’est bien plus important que toutes les techniques marketing pour durer et s’épanouir !

2. Avoir une offre de services totalement alignée avec tes forces et… TOI !

Pour ne pas dépenser d’énergie inutilement, ton offre de service doit être bien pensée et s’appuyer sur tes principales forces et talents. Que sais-tu très bien faire, naturellement, sans effort ? Ce qui est facile pour toi ne l’est peut-être pas pour une autre personne. Ce n’est pas parce que c’est fluide pour toi que cela n’a pas de valeur. C’est tellement évident pour toi, tu ne t’en rends même plus compte, mais en réalité tu détiens des pépites ! Identifie tes forces et mets le paquet dessus ! De cette façon, tu préserves ton énergie et tu excelleras dans tes services !

3. Connaître ton biorythme et adapter ton entreprise à ton fonctionnement

À quel moment es-tu le plus productif ? À quel moment ton pic de concentration et créativité est-il au sommet ? Au matin ? Plutôt dans l’après-midi ? Connaître ton biorythme, tes cycles et les exploiter te feront gagner non seulement un gain de temps considérable, mais également de planifier tes journées pour les rendre plus fluides.

Être entrepreneur(e) n’incombe pas de travailler en phase avec des horaires de bureau « classiques ». Tu as la possibilité de caler ton activité selon ton rythme et tes besoins familiaux. Si tu aimes travailler le soir une fois les enfants au lit, c’est OK ! Si tu veux commencer tes journées à 10 h le matin (comme moi !), c’est OK aussi. En bref, c’est OK si tu désires travailler plus tard le soir en fonction de tes besoins. Bien se connaître et adapter ton rythme aux moments où tu es disponible et en meilleure forme sont les clés du slow entrepreneuriat !

4. T’arrêter quand ton corps te le réclame

Devenir un(e) slow entrepreneur(e), c’est avant tout apprendre à écouter son corps et décoder ses signaux. N’oublie pas : tu es le moteur de ton entreprise. Si ton corps réclame du repos, accorde-lui ce temps sans culpabiliser. Recharger ses batteries, s’octroyer des moments off n’ont rien d’improductifs et ne représentent pas de perte de temps. Que du contraire ! Ces moments de jachère boosteront non seulement ta prise de décisions, mais aussi ta créativité. Ils remplissent ton réservoir d’énergie lorsque celui-ci s’épuise et te préparent à être au top de ta forme lorsque la situation l’exige.

5. T’organiser pour structurer tes journées sans te disperser

Structure tes journées et tes semaines en prévoyant des blocs de temps par thématique. C’est toi qui es aux commandes et qui fixes les règles ! Bien sûr, adapte-les aux besoins de tes clients, mais plus tu auras cadré tes temps, plus ce sera fluide pour toi et clair pour ta clientèle. N’oublie pas d’y intégrer tes « impératifs personnels » et des temps pour toi. Cela fait partie de l’équation et de ce dont tu as besoin pour « bien fonctionner ».

Moi par exemple, je cale mes rendez-vous clients du lundi au mercredi, avec des blocs de temps pour mes rendez-vous « découverte », mes temps de travail sur l’administratif ou pour encore travailler sur ma communication. Sans oublier des temps « libres » où je me fais du bien. Tout est dans mon planning !

6. Poser tes limites : savoir dire NON

Une des erreurs les plus courantes chez les néo entrepreneur(e)s est de dire oui à tout, de vouloir servir le plus de clients possibles pour espérer atteindre le chiffre d’affaires attendu. Accepter toutes les demandes entrantes, prioriser la satisfaction client à tout prix, même quand cela sort du cadre. Résultats : ces entrepreneur(e)s se retrouvent à bout de souffle avec des agendas overbookés et une perte de motivation. Ils n’ont peut-être plus de responsable hiérarchique, mais leurs clients et entreprises remplacent des patrons despotiques.

C’est une erreur. « Parler à tout le monde, c’est parler à personne ! »  Dire oui à tous les prospects frappant à ta porte n’est pas non plus une bonne opération. Je sais ce que tu te dis : « Quand on démarre, on ne peut se montrer difficile ou faire la fine bouche ! » Cependant, plus tu auras travaillé ton offre, ta singularité, et définis de manière claire qui bénéficiera aux mieux de ton aide, plus tu détecteras quel client est pour toi et qui ne l’est pas. Ce sera aisé de « trier » à l’entrée pour préserver ton énergie et ta flamme.

Accepter un client ne correspondant pas à tes valeurs équivaut à dépenser ton énergie, ressentir de la frustration et te retrouver avec un client insatisfait au bout du compte. Mieux vaut apprendre à décliner pour te concentrer sur tes clients de cœur : ceux qui seront ravis de travailler avec toi et que tu auras à cœur d’accompagner.

7. Déléguer ce que tu ne maîtrises pas

Je sais, quand on débute on n’a pas forcément les moyens de déléguer. Pour autant, déléguer certains aspects, selon tes compétences et facilités, t’évitera de t’épuiser à la tâche pour un résultat souvent insatisfaisant au final.

L’exemple type : ton site web ! Il existe aujourd’hui des offres pour tout créer soi-même. Mais, par expérience, le do it yourself n’aura jamais le même résultat qu’un professionnel en webdesign. N’oublie pas, ton site représente ta vitrine, l’image de ton entreprise. Il doit être de bonne qualité. Alors, oui tu peux le bricoler toi-même, mais tu y passeras des semaines, alors qu’un professionnel te le construira en un coup de cuillère à pot ! Ensuite, dans ton quotidien, quand les clients arrivent, il est important d’apprendre à déléguer très vite. Cela te force à structurer tes process et à injecter ton temps disponible là où tu as le plus de valeur ajoutée !

8. Éviter de te disperser et prioriser

Adieu l’Octopus que tu étais et qui jonglait avec 3 tâches en même temps. L’idée du slow entrepreneuriat défend de se concentrer sur une seule tâche à la fois. Une astuce qui t’aidera : demande-toi en début de journée et début de semaine, quelles sont tes priorités — maximum 3 — et fais-en sorte de travailler dessus.

9. Accepter d’être imparfait(e)

Un des grands dangers qui nous guettent, nous les ex-burnouté(e), est sans conteste notre vilain perfectionnisme. Peaufiner ses offres, ses produits, attendre le bon moment te mènera tout droit au mur de l’épuisement et des frustrations en tout genre. Apprendre à lâcher du lest par rapport à ton perfectionnisme, accepter que ce soit dans le temps et dans l’action que tu amélioras tes services te délestera d’une pression. Sache que l’entrepreneuriat est avant tout un process itératif : « test and learn ». Tu apprendras de tes échecs et tu feras mieux la prochaine fois !

10. Revoir ta relation à l’argent et à l’abondance

On ose parler du sujet sensible de l’argent ? Le slow entrepreneuriat bénéficie d’une mauvaise presse chez les aspirant(e)s entrepreneur(e)s. Dans la croyance populaire, qui dit travailler lentement dit gagner moins d’argent. Et bien pas forcément ! Tout cela dépend de toi et de ton rapport personnel à l’aspect financier. Comme écrit plus haut, le slow entrepreneuriat c’est travailler moins, mais mieux ! Voici quelques réflexions à mener qui assainiront tes croyances pécuniaires :

  • Quels types d’offres ou produits proposeras-tu et qui te permettront de vivre confortablement sans t’épuiser ? Envisages-tu de privilégier la qualité vs la quantité ?
  • Que signifie pour toi de vivre « confortablement ? » et construis ton plan financier en conséquence de ce chiffre
  • Peux-tu créer des systèmes de revenus passifs en automatisant par exemple des formations qui ne nécessitent pas ta présence?
  • Quels seront tes clients « idéaux » ou de cœur et qui accepteront d’acheter ce que tu proposes sans que tu te brades ?
  • Connais-tu la juste valeur de tes produits/services ? Assumes-tu que tu as parfaitement le droit de mériter cet argent ? Si ce n’est pas le cas, des accompagnements existent pour t’apprendre à te valoriser et valoriser ton entreprise à sa juste valeur.

11. Avoir une bonne hygiène de vie

Je terminerai par ce dernier point, c’est le b.a.-ba de ces commandements et pourtant le plus difficile à respecter ! Apprendre à ménager ta monture, tu respecteras ! Aucun job ne mérite que tu y laisses ta peau et ta santé même si ce job tu l’as façonné de tes propres mains. Voici les garde-fous qui t’empêcheront de transformer ta vie d’entrepreneur(e) en cauchemar :

  • S’accorder des pauses régulières
  • Se promener dans la nature ou exercer une activité en rapport avec la nature
  • Avoir de bonnes nuits de sommeil réparateur et récupérateur
  • Pratiquer une activité physique
  • Respecter la frontière vie pro/vie perso (même si tu travailles à la maison, c’est important de bien délimiter les deux par des espaces différents, des temps de travail et de repos ou en famille)

 

Le slow entrepreneuriat : une reconversion après ton burn out que tu ne regretteras pas

Se reconvertir dans le slow entrepreneuriat après un burn out ne se limite pas qu’au respect des préceptes du slow business. C’est construire un nouveau mode de vie en adéquation totale avec sa propre écologie et ses valeurs. J’aime comparer le business en mode slow entrepreneuriat aux cycles de la nature. Tu t’accordes un temps pour créer, imaginer — le printemps. Ensuite, tu passes à l’action — l’été. Vient ensuite le moment de récolter ce que tu as semé — l’automne et enfin tu termines par un repos bien mérité — l’hiver. En acceptant cette idée de cycle, de lâcher tes mauvaises habitudes, construire ton entreprise selon un rythme marathonien et non selon le tempo d’un sprinter est à portée de main. Si tu souhaites à ton tour devenir un(e) entrepreneur(e) épanoui(e), la démarche slow est définitivement pour toi. D’ailleurs si tu désires te lancer tout en étant guidé(e) et entouré(e) d’autres entrepreneur(e)s dans la même énergie que toi, je t’invite à prendre connaissance de mon forfait Liberté 😉

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Catherine PY – Coach en alignement professionnel – Experte des situations de burn out.

Psychologue du travail de formation, j’ai exercé pendant 20 ans la fonction de Responsable Ressources Humaines en entreprise avant de connaitre un burn out qui a « changé ma vie en mieux ».

Aujourd’hui entrepreneure épanouie, j’ai créé Envol et Moi pour vous aider à surmonter cette épreuve et vous aider à rebondir vers votre votre 2ème vie professionnelle avec plaisir, envie et équilibre de vie.

J’interviens également en entreprise pour sensibiliser les salariés à la question du burn out et accompagner les salariés concernés.

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