Burn out : le mal du siècle

Plus de 12% de la population active* serait concernée par le burn out. Il existe peu de chiffres fiables sur cette véritable épidémie du 21ème siècle. Pour autant, nous le savons tous, le phénomène grandit : Selon l’institut de veille sanitaire, on note une augmentation linéaire de presque 50% de cas de burn out entre 2007 et 2012. Les 35 – 55 ans sont les plus concernés et la proportion de femmes est également plus importante dans les cas de burn out.

Les causes de ce mal sont multiples et sont liés à l’évolution de notre société : nous sommes nombreux à être noyés par les centaines de mails reçus chaque jour qu’il faut traiter au plus vite, le rythme s’accélère et l’hyperconnectivité nous donne accès aux informations professionnelles 24/24h. Les bureaux se transforment en open space, bruyants où travailler au calme devient impossible. S’ajoute à cela, bien souvent une perte de sens face à des objectifs de performance changeants et demandant souvent plus avec moins.

Si ce phénomène est de plus en plus souvent évoqué dans les médias, que beaucoup de salariés se sentent potentiellement à risque (plus de 3 millions selon le cabinet Technologia), les entreprises sont encore un peu à la traine sur la gestion de ce phénomène, que ce soit en termes de prévention ou d’accompagnement des cas de burn out.

Un sujet tabou

Le burn out reste encore aujourd’hui un sujet tabou, que ce soit de la part du salarié concerné qui se sent « faible » et vit la situation comme un échec, ou de la part de l’entreprise qui a trop souvent tendance à faire l’autruche, par crainte de « la mauvaise image ».

Pourtant, je suis convaincue que parler du burn out, expliquer ce que c’est, comment il arrive, qui il concerne en priorité est un moyen clé pour l’éviter.

Je rencontre souvent des Responsables d’entreprises ou RH qui me disent : « Oui mais si nous décidons d’organiser une journée de sensibilisation sur le burn out chez nous, cela veut dire que nous en avons chez nous ! ». « Euh….oui mais c’est le cas non ? »… »ben oui, mais on ne le dit pas… ! »

En vérité tout le monde le sait, les collègues autour qui ont bien souvent des relations avec le salarié absent. Le salarié touché qui parle autour de lui : à sa famille, à ses amis, à ceux qui lui demandent pourquoi il est en arrêt de travail… Bref, les seuls qui n’osent pas le dire, ce sont les employeurs !

Et s’il était temps de gérer autrement ?

Puisque ce phénomène s’amplifie dans nos entreprises, que nous connaissons tous, un collègue, un ami, un membre de notre famille concerné par un burn out, pourquoi ne pas commencer par prendre ce sujet à bras le corps ?

Bien souvent les cas de burn out peuvent être des signes de dysfonctionnements dans les entreprises : problème de management, problème d’adhésion à la stratégie de l’entreprise, problèmes de process ou d’outils chronophages ou non adaptés, problème d’organisation du travail, de charge… Ecouter ces maux, c’est aussi commencer à les traiter et à améliorer la situation et donc agir sur la performance de l’entreprise.

Informer, sensibiliser ses salariés à la question du burn out, c’est aussi les responsabiliser pour leur donner les moyens d’agir sur eux-mêmes, sur leurs collègues, ou sur leurs collaborateurs. C’est leur donner une chance de l’éviter, de trouver des solutions avant le craquage et l’arrêt de travail. C’est aussi montrer que l’on prend soin de ses salariés, et que la politique RH de l’entreprise entreprend concrètement des actions pour l’éviter.

Lorsqu’il se produit pour l’un des salariés, là aussi l’entreprise peut agir. Lui proposer d’être accompagné pour comprendre son burn out, ses causes, réfléchir sur sa relation au travail, à comment se poser des limites pour se préserver, oser dire non, mieux s’organiser, déléguer…Trouver les conditions de reprise avec succès à son poste de travail. Dans certains cas, si le retour n’est pas souhaité, l’accompagner pour l’aider à construire un nouveau projet professionnel et lui permettre de rebondir.

L’intérêt ? : Vous lui montrer que son sort vous concerne, que vous souhaitez l’aider à trouver des solutions. Vous n’êtes pas « juste » en train de gérer l’intérim ou l’absence en attendant un hypothétique retour. L’aider à préparer son retour, c’est aussi réduire le temps de l’absence, et éviter une fuite des talents.

Alors commencer à gérer ces situations autrement, accepter d’en parler pour mieux le prévenir, c’est aussi le rôle des employeurs pour préserver la santé de leur collaborateur mais aussi contribuer à la performance de l’entreprise.

A l’heure où tout le monde parle de Qualité de vie au travail, de Marque employeur etc. ne serait-il pas judicieux d’aborder ce sujet ?

Je vous laisse méditer ce point et me laisser vos commentaires.

Pour ceux qui seraient curieux d’en apprendre davantage, je vous invite à prendre contact avec moi et visiter mon offre de services aux entreprises sur ce point.

*source Cabinet Technologia 2014

 

Catherine PY – Coach en alignement professionnel – Experte des situations de burn out.

Psychologue du travail de formation, j’ai exercé pendant 20 ans la fonction de Responsable Ressources Humaines en entreprise avant de connaitre un burn out qui a « changé ma vie en mieux ».

Aujourd’hui entrepreneure épanouie, j’ai créé Envol et Moi pour vous aider à surmonter cette épreuve et vous aider à rebondir vers votre votre 2ème vie professionnelle avec plaisir, envie et équilibre de vie.

J’interviens également en entreprise pour sensibiliser les salariés à la question du burn out et accompagner les salariés concernés.

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